post

Temuco – Santiago, générique de fin

Arrivés à l’hôtel de Temuco, on commence directement les missions. La première est de trouver l’agence de livraison qui pourra emmener nos vélos à Santiago et les garder jusqu’à notre vol. La seconde est de trouver des cartons d’emballage de vélo. Les contacts pris à l’avance nous permettent de les trouver facilement. Les transporter est une autre histoire. Papa les ramène tant bien que mal en les tenant sur le vélo d’une main et en guidant le vélo de l’autre. C’est assez pour aujourd’hui, on les emballera demain!

On reprend les missions. Maman va acheter les billets de bus et le papier film. Papa perfectionne sa technique en attachant les cartons sur la charette pour traverser la ville. On démonte et emballe les vélos dans le hangar du transporteur pendant que les filles jouent dans les cartons et que les transpalettes nous tournent autours. A midi et demi, c’est emballé, pesé, payé, on a mérité le dîner. Il nous reste un jour et demi pour visiter Temuco et ses places de jeux et pour nous rendre présentables (coupe de différents poils, nouvelles chaussures, lessive).

On se rend compte qu’il faudra reprendre l’éducation de nos filles quand Margaux met un bout de poulet dans sa poche en partant du restaurant, puis quand quelques jours plus tard elle hurlera “caca-boudin” dans les rues de Santiago.

On prend le bus à 22h pour arriver à Santiago à 06h. À cette heure, la ville n’est pas très accueillante. On trouve quand même un Starbucks ouvert. Le check-in de notre appartement est à 15h. On est crevé, la journée va être longue. On commence par aller dans un café-jeux dans un quartier chic. On détonne un peu avec nos habits de sport décolorés parmis les polos et les robes d’été. Un shopping, une place de jeux, un dîner plus tard, on est bien content de prendre possession de l’appartement.

On fait découvrir le métro à nos filles à l’heure de pointe avec ses odeurs, les sans-abris et un pickpocket qui ouvre la poche de maman (heureusement elle le sent et rattrape son natel de justesse). Ça nous change des montagnes.

On va encore faire du shopping pour avoir des jolis habits pour l’avion, visiter le zoo, prendre le funiculaire, tremper les jambes dans la piscine froide sur le toit de notre tour et… visiter de nombreuses places de jeux.

Générique de fin:

Margaux à la distribution des sardines et à l’animation

Charline au démontage de la tente, à l’organisation des activités “jouer au bébé, au chien, à la vache”, à l’assistance au pédalage du Pino

Claire aux contacts sociaux, à la tenue du porte-monnaie, à la conduite du Pino, démontage de la tente, à l’habillage des filles, à l’infirmerie et au brossage des dents

Tim à la cuisine, à la navigation, à la rédaction web, à la conduite de la charette, aux petites réparation

Équipe logistique:

Tata Clémence à la gestion des factures

Tonton Guérin au gardiennage de la maison

Remerciements

Un grand merci:

  • à vous de nous avoir lu,
  • à nos familles d’avoir accepté notre voyage,
  • à nos employeurs de nous avoir permis de prendre congé

Bonnes fêtes, nous nous réjouissons de vous revoir.

Album photo

post

Malalcahuello – Temuco

On repart de Malalcahuello en longeant l’ancienne ligne de train jusqu’au tunnel qui est maintenant utilisé pour le traffic routier. A sens unique sur 5km, il est interdit aux vélos. On se croirait dans Pékin Express. Durant les 15 minutes du feu rouge, on doit chacun trouver un véhicule et charger nos vélos. Toutefois, avec tous les pick-up qu’il y a sur les routes, ce n’est pas trop difficile. De l’autre côté, l’ancienne voie est à nouveau aménagée pour les vélos, c’est plat et agréable à rouler. Après 20km, la voie cyclable s’arrête et c’est moins rigolo, on doit recommencer à pousser fort sur les jambes dans les côtes. On arrive encore dans un super camping au bord de la rivière avec un petit ruisseau pour les filles.

On remonte le Rio Biobio qui nous mène tout près de la frontière argentine. Le paysage s’adoucit loin des volcans. Les collines sont plus rondes et moins hautes. Le ciel s’assombrit en début d’après-midi et le tonnerre se fait entendre. On monte la tente en urgence dans un parc à chevaux et on attend que l’orage passe. On reste une heure, en plein après-midi, dans 4m2. En plus, après bientôt 6 mois, la tente n’est plus totalement imperméable aux coutures. Heureusement, que l’orage ne dure pas trop longtemps.

En remontant la vallée, on arrive à l’altitude des araucarias. Ces conifères ne se trouvent que dans cette région et autours de quelques villas à Fully et Chamoson. Leurs pignons étaient un des aliments principaux des peuples indigènes. Ça fait plusieurs jours qu’on mange des sandwichs à dîner. En se rapprochant d’Icalma, on se réjouit de goûter un plat à base de pignons. Dans ce petit village frontière touristique, tous les restaurants sont fermés. On ne trouve qu’un hamburger viande-pain et des frites. On y reste quand même une nuit pour profiter du lac à défaut de profiter de la gastronomie.

On attaque notre dernier col du voyage. Du gros gravier, de la taule ondulée, des montées raides, il fallait qu’on s’en rappelle. La descente est du même type, mais plus longue. On gaspille toute notre altitude, durement acquise en quatre jour, en une demi-journée. On termine notre tour d’honneur en retournant à Melipeuco. Les filles se réjouissent de retrouver Antonella et son trampoline.

On commence à planifier nos deux dernières semaines et surtout le transport des vélos. On ne veut arriver ni trop tôt, ni trop tard dans les grandes villes. Alors, nous restons trois nuit à Melipeuco. Cette fois-ci nous allons voir un concours de rodéo. Les cow-boys doivent guider des jeunes taureaux dans une arène. De retour au camping, Charline, sur un cheval de bois, fait du rodéo avec les chats du voisinage.

On retourne au camping de Cunco où le propriétaire nous déconseille de prendre la route la plus directe pour Temuco. On pensait faire deux dernières petites journées. On en fera une grande et une moyenne. La bonne surprise de ce nouvel itinéraire est le dernier camping où il y a un château gonflable, un trampoline, une piscine et une sortie d’école. Les filles sont heureuses. Et nous aussi, pendant qu’elles jouent, la voisine nous apporte cafés, gâteaux et tartines.

Temuco nous attend à 30km dont une 20aine d’autoroute. Sauf qu’après 1km d’autoroute, Claire décide que c’est quand même dangereux, même si c’est autorisé, et que ça serait dommage de terminer par un accident sur l’autopista. On s’arrête dans une aire d’autoroute et on requisitionne une camionnette. Il nous restera plus qu’à rouler jusqu’à l’hôtel.

Et c’est ainsi que se termine le voyage à vélo et que commence le trajet du retour, dont la partie la moins agréable du voyage, l’emballage et l’envoi des vélos. Ce sera le prochain article.

Album photo

post

Melipeuco – Malalcahuello

On repart de Melipeuco bien reposé. On veut traverser le parc national Conguillio. A l’entrée du parc, on fait semblant de ne pas savoir qu’il fallait payer l’entrée sur internet. Ça fonctionne. On peut rentrer gratuitement. Le paysage vaut le détour. On traverse des champs de laves, on voit une grande résurgence d’une rivière souterraine, passe à côté de petits lacs, traverse une forêt d’araucanias mais le sommet du volcan Llaima reste caché. La route est en gravier et en sable, ça nous fait travailler l’équilibre. Papa jure quand même un peu. On arrive au camping avec un jour d’avance, on pensait s’arrêter avant, mais le camping prévu était fermé. Cette fois-ci, on ne peut pas éviter de payer le camping le plus cher de notre vie.

Grand beau pour la journée de détente dans le parc, Maman va courir sur une arrête pour nous ramener des photos du volcan. Papa va courir dans la forêt pour repérer la suite de la route: plusieurs cyclistes allemands nous on dit: “Unmöglich für euch! Wir haben das Fahrrad den ganzen Tag geschoben”. Il n’en faut pas plus pour nous donner envie d’essayer. Charline et Margaux font deux fois le sentier didactique de la cascade, une fois le matin avec papa et une fois l’après-midi avec maman puis jouent au lac. On a pas de soucis pour les endormir.

“Für Velociraptoren ist nichts unmöglich”. On sort au col après 1h30 de montée raide dont quelques portions à pousser. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais avec tous les avertissements, on s’attendait à pire. On se récompense avec des bonbons au bord du lac. Puis, on entame la descente en passant droit devant le volcan. On doit faire attention dans les gros graviers mais, en tout cas à la descente, ce n’est pas si terrible. On rejoint Curacautin pour se cacher dans un hôtel en prévision de la pluie.

On profite de la journée de pause pour décider de ce qu’on va faire de nos deux dernières semaines de vélo. On nous a déconseillé de rallier l’océan car il y a trop de trafic, avancer vers Santiago par le centre ne nous semble pas très intéressant mais ferait joli sur notre carte. Au final, on décide donc de faire une boucle en Araucanie entre les volcans où les paysages sont magnifiques et les places de camping faciles à trouver.

On commence par rallier Malalcahuello et sa réserve nationale. Une voie cycliste a été aménagée sur une ancienne voie ferroviaire. On trouve un super camping avec jeux et rivière. On y reste deux nuits.

Papa et maman vont chacun à leur tour en vélo au pied du volcan Lonquimay pour apercevoir le cratère Navidad. Sans nos sacoches, on a l’impression de voler. Depuis là-haut, on aperçoit d’autres volcans dont un qui fume. Le paysage vaut vraiment les 800m de dénivelé. Pendant ce temps, le reste de la troupe profite de la place de jeux du village et du camping.

post

Villarica – Melipeuco

Après deux jours de pluie à Villarica, il y a une fenêtre météo. On part pour Pucon, ville réputée pour le tourisme d’aventure. On peut tout y faire: parapente, ski, canyoning, rafting, grimpe, trekking… On y fera du thermalisme et des places de jeux: on est à nouveau stoppé une journée par la pluie. On profite pour se renseigner sur la route que l’on veut prendre. L’office du tourisme nous suggère que c’est impossible. Les avis suivants provenant des magasins de vélos sont plus encourageants. On y va.

On part de Pucon sous une petite pluie. On avance tranquillement car on devrait avoir encore un jour incertain puis du beau. En chemin, on croise une famille allemande (ingo-ehret.de) à vélo avec deux garçons de 5 et 3 ans. On décide de chercher un camping ensemble. On trouve un petit camping avec une cabane où on peut cuisiner et faire du feu. Les enfants font griller une saucisse au bout d’un bois. Les parents sont contents de discuter un moment avec d’autres adultes qui en plus partagent les mêmes expériences.

Les filles jouent au bateau dans un vieux tronc avec les garçons pendant que nous préparons les affaires. Oscar commence à donner la main à Charline, c’est le moment de partir. Une famille part au nord l’autre au sud. Nous nous souhaitons bon voyage et nous partons vers notre col. La route est en terre battue et il y a de nombreuses courtes montées sèches. On pousse nos vélos… On pique-nique sur un terrain de foot. Un cavalier vient nous parler, il est complètement saoul. On ne comprend rien, mais il est sympathique. Heureusement, le cheval a de l’équilibre pour deux. En fin d’après-midi, on arrive vers une école qui organise les olympiades de la vallée. On regarde le sprint et le marathon, mais la cantine et ses gâteaux tombent à pic pour le goûter. On finit la journée dans un joli camping au bord de la rivière.

On repart pour atteindre le col. Le matin on recommence à pousser nos vélos. Une belle et large vallée nous donne un répit et une belle vue sur les sommets enneigés. Puis, on recommence à pousser en début d’après-midi. Heureusement, les filles prennent ça du bon côté et marchent volontiers. Charline court presque toutes les montées car elle veut s’entraîner pour la course de la Sainte Catherine… On arrive au col, c’est un peu décevant, il n’y a pas de belle vue pour nous récompenser, seulement de la forêt. Dans la descente, il y a une bifurcation vers des bains thermaux, mais nous n’avons pas le courage de faire les 4km de montée. On préfère faire 8km de descente vers un lac. On n’avait pas prévu que la descente serait entrecoupée de montées à pousser. On arrive bien fatigué dans un énorme et magnifique pré au bord du lac où nous sommes rejoints par un couple de cyclistes suisses (eifachunderwaegs.ch).

Le lendemain est presque tranquille, on ne doit pousser que trois ou quatre petites fois le vélo. En plus, on aperçoit enfin le volcan Villarica qui était resté caché dans les nuages ces derniers jours. Au bout du lac, le camping est fermé. On doit camper sur la plage interdite au camping entre les pique-niqueurs et baigneurs du vendredi soir. Grands phares sur notre tente à 5h du matin, ce n’est pas la police, mais des fêtards qui viennent rouler, crier et nous mettre un peu de musique sur la plage. Ils passent deux fois à quelques dizaines de centimètres de la tente. On ne fait pas trop les fiers.

Petite journée pour reposer nos jambes de ces trois journées intenses. On fait 20km jusqu’à un camping d’agrotourisme où les filles ont de la place pour jouer. Elles empruntent les voitures à pédales des deux petits garçons qui habitent là pendant que nous prenons soin des vélos.On rejoint Melipeuco où est organisée la fête des cow-boys. On regarde les cavaliers faire du slalom et on se régale aux nombreux stands. On trouve une maison à louer pour deux nuits. Elle est en réparation et préparation pour les locations de Noël. Elle est déjà décorée, mais pas encore tout à fait nettoyée. On donne un coup de balais pour enlever les chenilles mortes qui traînent par-ci par-là et on se repose.

Album photo

post

San Martin de los Andes – Villarica

Il arrête de pleuvoir et de neiger pendant la nuit. Au matin, il fait beau soleil, les sommets et les collines que l’on doit passer sont bien blancs. On mange des tartines jusqu’à ce que la cheffe du déjeuner nous dise que l’on mange beaucoup… On avait pourtant demandé à Charline de lui faire un dessin la veille pour l’amadouer. Et c’est parti sur la route internationale en terre battue qui va nous mener au Chili. On commence par une grosse montée qui nous prend la matinée. Durant toute la journée, il souffle. On arrive à se réchauffer que le soir sous la tente avec un thé.

On repart en direction de la frontière d’Hua Hum perdue dans la forêt. Petit poste du côté argentin, grande infrastructure en bois du côté chilien. Route boueuse en Argentine argentine, route goudronnée au Chili. Grandes formalités aussi pour entrer au Chili, on doit déclarer nos vélos et on se fait fouiller les sacoches. Papa apprend que son vélo est de couleur café doré. Nos tomates et notre pot de miel ne peuvent pas continuer avec nous. Quelques kilomètres plus loin nous arrivons au port du ferry qui va nous faire traverser un grand lac. On avait pensé que, comme partout, il y aurait des bureaux ou kiosques de change à la frontière. Et bien, non.. Il est probable que personne ne veut des pesos argentins qui perdent de la valeur chaque semaine. Il n’y a pas non plus de bancomat. Heureusement, un restaurant accepte quand même nos pesos, on peut se mettre à l’abri de la pluie qui s’intensifie. De l’autre côté du lac, après 1h30 de bâteau, il pleut à ficelles. Un hôtel nous accepte pour les 50 dollars US qu’il nous reste. Pas de café et pas de pâtisserie, il pleut trop pour sortir et on n’a pas un rond.

Après le déluge de la nuit, la journée s’annonce meilleure pour entrer sur le circuit des septs lacs (à ne pas confondre avec la route des sept lacs côté argentin). On trace 60km jusqu’à Panguipulli pour atteindre un bancomat et un hôtel en prévision du mauvais temps. Cette première route chilienne est agréable, il y a pas trop de circulation et un espace pour nous sur le côté. En revanche, les pentes sont raides. 40CHF la nuit et 32CHF le souper, le budget d’une journée au Chili nous aurait permis vivre plus d’une semaine en Bolivie.

La matinée devrait être relativement sèche, l’après-midi plus humide. On fait une “petite” étape de 34km jusqu’à Lican Ray, une petite ville touristique. La météo ne donne toujours pas envie de camper. La bonne nouvelle, c’est que les filles peuvent jouer dehors à midi et entre les averses de l’après-midi et ne font pas de cirque au moment d’aller au lit.

Petit contrôle de la météo avant de partir: humide le matin, très humide l’après-midi. On décide de faire quand même les 25km qui nous séparent de Villarica. Les 10 derniers kilomètres se font sous la pluie. Les filles sont remisées dans la charette, même si Margaux veut rester sur le tandem malgré la pluie qui lui arrive dans le visage… Mais arrivé en ville ce n’est pas fini, on doit trouver un hôtel. Les hébergements économiques sont complets ou n’ont pas de place pour nos vélos. On tourne 45 minutes de plus sous la pluie pour trouver notre bonheur. On transforme notre bungalow en séchoir géant.

On reste trois nuits à Villarica. La météo n’est toujours pas bonne. Il pleut en continu. En revanche, c’est une excellente météo pour aller dans des bains thermaux. On s’organise à la dernière minute, mais une agence nous répond à 20h30. Les bains sont magnifiques, 20 piscines sont aménagées le long d’une passerelle de 400m de long dans une gorge naturelle sur le flan d’un volcan. On aura quand même droit a la pluie, la neige et la grêle.

Pour la suite, on devrait encore avoir quelques jours humides, puis du beau. On va rester dans cette région et slalomer au pied des volcans pour espérer enfin voir leur sommet.

Album photo

post

Bariloche – San Martin de los Andes

On part par une belle journée de printemps de Bariloche. On longe le lac, il y a un poil trop de trafic, un poil trop de vent de face et le camping est un long poil trop cher (on va s’habituer à ces prix le long de la route des septs lacs) mais le paysage compense largement. On se réveille sous une petite averse. Elle annonce la couleur de la journée. Les éclaircies s’alternent avec les averses. On arrive à Villa la Angostura à l’heure de la grillade. La grillade pour une personne serait suffisante pour nous quatre mais on a aussi commandé un ragoût de cerf. Après tout ça, on pourrait penser qu’on n’a plus faim, mais Maman n’avait pas eu le temps de goûter les chocolats de la deuxième meilleure chocolaterie de Bariloche. Ça tombe bien, ils ont une boutique ici. Elle s’achète une boîte de 12 pralinés. A contre cœur, elle nous en donne un chacun. Papa doit en piquer un discrètement pour en avoir un deuxième.

La météo ne s’annonce pas terrible, on reste deux journées de plus à l’auberge de jeunesse. On en profite pour faire une promenade dans le parc Nahuel Huapi et visiter… les places de jeux et les cafeterias entre les averses.

On repart par une belle journée de printemps slalomer entre les lacs de la route des sept lacs. On fait une petite journée pour laisser les filles profiter du lac au camping.

Même programme pour le deuxième jour. Après 32km on arrive à un magnifique camping. Mais selon le propriétaire, la prévision météo des prochains jours n’est pas bonne. Alors on décide de pousser jusqu’au prochain camping, 12km et un peu de dénivelé plus loin. On manque la route du camping et essayons de passer par une route privée qui est bloquée à quelques centaines de mètres du camping. On doit rebrousser chemin et on apprend que le camping est fermé. Plus loin, tous les beaux endroits pour faire du camping sauvage sont interdits. On fait donc 9km et un peu de dénivelé supplémentaire jusqu’à une auberge qui ne veut pas nous préparer une chambre. Heureusement, iOverlander nous indique un camping sauvage non loin. On ne perd rien au change, on est dans un joli bosquet proche d’une rivière. Après plus de 50km et 800m de dénivelé, personne ne bronche pour aller au lit.

Les prévisions météo reçues n’étaient pas tout à fait justes, on a encore du grand beau, mais aussi le vent de face promis pour rejoindre San Martin de los Andes, notre dernière ville en Argentine. Nous y restons une journée, car le matin il pleut fort. L’après-midi, on tente deux fois de s’échapper prendre l’air pendant des éclaircies, les deux fois nous sommes rattrapés par des rafales de vent et des giboulées de neige. On espère que la route sera dégagée sur les cols qui vont nous amener au Chili!

Album photo

Tucuman – Bariloche

On erre une dernière journée dans Tucuman en attendant l’heure du départ du bus de nuit. On a choisi un bus dont les horaires correspondent aux mieux aux horaires des filles. C’est une réussite, elles s’endorment au départ du bus et se réveillent à l’arrivée.

Cordoba n’est pas une ville très intéressante, il n’y a pas grand chose à faire. On répète les activités usuelles en ville: visite du centre ville, recherche des places de jeux, cafétérias, restaurants, préparation de la suite du voyage sur internet. Papa et maman ont moins d’entrain à céder aux gourmandises. Le plaisir n’est pas le même quand les cafétérias se succèdent sans que l’appétit soit attisé par du vélo. Une nouveauté, on va voir le musée des sciences naturelles, ça nous occupe 28 minutes, les animaux empaillés sont très réussis (voir l’album).

Après deux jours à Cordoba, on prend enfin l’avion pour Bariloche. On voulait du frais, on en a, et de l’humidité avec. Il a neigé les jours passés et il pleut à notre arrivée. On a reservé un appartement pour quatre jours en pensant devoir attendre nos vélos, mais ils sont arrivés avant nous et entiers. Heureusement, Bariloche est plus sympathique que Cordoba. On n’est pas trop dépaysé: forêts, lacs, sommets enneigés, chocolateries, magasins de sports et de luxe, chiens du saint-Bernard. C’est un peu une copie de la Suisse. On profite d’ailleurs d’un jour de beau pour aller voir “Colonia Suiza” en vélo, un village fondé par des émigrés saxonins. Aujourd’hui, on se dirait au village suisse d’Europapark. Il y a, parait-il des bâtiments en bois historiques, mais on ne les voit plus derrière les restaurants, foodtrucks et boutiques à touristes. Il faut croire que c’est dans les gênes valaisans de profiter de la manne touristique à tout prix 😉

Après presque une semaine de pause et de transition, on se réjouit de remonter sur nos vélos en direction du nord sur la route des sept lacs. Les paysages et les campings s’annoncent magnifiques. Pour la météo, c’est différent. Les prévisions annoncent un peu de tout (beau, bruine, pluie) et le chauffeur de taxi nous a dit que novembre était le mois du vent car on se trouve entre les 40e et 50e latitudes (40e rugissants). Et il sera vraisemblablement de face. On vous en dira plus dans une semaine (ou deux si le vent est vraiment fort)…

Album photo

post

Cafayate – San Miguel de Tucuman

On prend la route 40, réputée pour les voyageurs en van, moto et vélo car elle traverse l’Argentine du nord au sud. Sur cette portion, elle se superpose à la route des vins. Nous traversons de magnifiques vignobles en quittant Cafayate. Malheureusement, Andy ne boit pas de vin, on ne cède donc pas aux tentations des dégustations. Depuis quelques jours, on rumine l’idée de rejoindre le sud du pays. Il paraît que la région des lacs est magnifique et il devrait y faire moins chaud. On se décide dans la matinée. On va bifurquer vers la prochaine grande ville et trouver un moyen de rejoindre le sud. Ça veut aussi dire que l’on va quitter Andy. Cependant, ça tombe bien, on a croisé une cycliste italienne et il va poursuivre avec elle.

Andy était un super compagnon de route. On s’est tout de suite bien entendu. C’est sûrement car nous partageons une même addiction pour le sucre (même si la sienne semble à un stade plus avancé). Pendant une petite semaine, il nous a corrigé notre anglais, a joué avec les filles, nous a aidé pour la cuisine, nous a partagé ses tortillas, son dulce de leche, son chocolat chaud, sa raquette électrique tue moustique et sa précieuse sauce aigre douce au chili, mais il nous a surtout partagé ses grandes expériences des voyages en vélo.

Pour rejoindre San Miguel de Tucuman, nous devons passer un col à 3100m. Nous attaquons la montée en espérant secrètemement passer le col dans la journée. Après un arrêt pique-nique à côté du cardon abuelo, le grand-père cactus, nous avons encore un peu d’espoir, le vent nous pousse. Après la pause café, quelques petits kilomètres après, nous nous résignons. Le vent a tourné et souffle nos espoirs. Nous irons camper à côté de la chapelle San Antonio avec 22km au compteur. La chapelle offre un abri contre le vent pour dessiner, cuisiner et souper. Les filles trouvent une nouvelle occupation, nettoyer la vieille cire des bougeoirs. Grâce au frais, tout le monde dort super bien. Papa doit juste se réveiller une fois pour voir ce qui broute autours de la tente. Trois ânes le regardent entonnés.

Le lendemain nous faisons les derniers kilomètres poussés par le vent. Arrivés au col, il y a la brume et la bruine, elles nous accompagnent dans les premiers 1000 mètres de descente jusqu’à Tafi. On y arrive frigorifiés. Sur ce versant humide, on change de climat. À la place des cactus, il y a des forêts et des pâturages.

On continue les 2000m de descente restants. Mais on doit rester concentrés, la route est glissante à cause de la brume et étroite. Un âne fraîchement percuté vient nous le rappeler durement. Les 50 km de descente nous prennent la matinée, reste encore 40km de plat jusqu’au camping! On fait une de nos plus longue journée. A 15km de l’arrivée, panne sèche, on s’arrête dans une station service, un paquet de cookies, une plaque de chocolat et on repart. C’est plus économique qu’un plein d’essence.

La dernière journée au nord est compliquée. On se réveille sous la bruine, la tente est trempée. On prend le départ sur une route étroite avec beaucoup de trafic. On s’échappe sur une route de campagne en terre avec d’énormes flaques de boue. On traverse des quartiers peu recommandables. On souffle à une station service où le propriétaire nous rappelle que la ville est dangeureuse, mais il offre des boissons et des pâtisseries aux filles. On lave les vélos. On part à la recherche d’une compagnie de livraison pour envoyer nos vélos. On cherche un hôtel qui n’existe plus. On trouve un hôtel trop cher pour sa qualité. On organise la suite du voyage pendant que les filles démontent la chambre d’hôtel. On va chercher de l’argent au western union. On va réserver un bus et on réserve un billet d’avion sur internet. Tout le monde est crevé.

Billets d’avion? Notre idée de départ était de descendre au sud en bus, mais on avait sous-estimé la distance. Une fois tout comparé: trois bus de nuit avec deux petites filles ou la location d’une voiture ou un bus de nuit et un vol, c’est malheureux pour notre bilan carbone, mais c’est à nouveau l’avion qui gagne. Papa sera bien embêté pour parler d’écologie à notre retour…

Album photo

post

Salta – Cafayate

On enfile nos short de vélo qui nous serrent à nouveau au ventre et on quitte Salta par des pistes cyclables. A la première pause, on rencontre Andy et on continue avec lui jusqu’à El Carril, où nous dormons dans le parc du centre sportif. Les filles en profitent pour suivre (perturber) le cours de danse. Nous avons notre première pluie en trois mois pendant la nuit. La tente est enfin propre.

Ensuite, nous faisons trois jours sur la route des vins avec Andy. Le premier jour est gris et vallonné dans les grandes cultures de la vallée. Le deuxième jour, nous entrons dans le magnifique canyon de la Quebrada de las Conchas. Vers 11h nous arrivons à l’ancienne gare d’Alemania transformée en cafétéria. Nos papilles et notre estomac se préparent… Et nous sommes renvoyés un peu rudement. Nos vélos n’ont rien à faire sur le quai et tout est réservé pour un mariage. Nos papilles doivent patienter 10km de plus pour un café et des empenadas. En fin d’après midi, nous décidons de pousser jusqu’à Santa Barbara pour pouvoir s’acheter un paquet de biscuits et une boisson fraîche pour le goûter. Le restaurant et le magasin sont fermés… Grâce à Andy qui nous en a offert, on se venge en buvant des chocolats chauds après le souper. La dernière grosse matinée nous amène à Cafayate. On fait l’erreur de ne pas s’arrêter au premier kiosk croisé. On n’en trouvera plus jusqu’à Cafayate. Claire est obligée de quémander un 10 heure à Andy. Cependant, ça valait la peine d’attendre, on mange une bonne grillade avec un bon verre de rouge Torrontes. Apparemment, les vins de la région sont les meilleurs du pays.

On reste deux nuits à Cafayate pour profiter de la piscine de l’hôtel, des vins et des glaces.

Album photo

post

Yala – Salta

Dès la sortie de Yala, la route se transforme en autoroute. Freinage d’urgence, papa dérape et ne passe pas loin de taper dans maman. A-t-on le droit de rouler en vélo ici? Par sécurité, on prend la route régionale et on se renseigne. Apparemment, c’est permis mais pas très agréable.

Nous avons deux missions aujourd’hui : rejoindre le camping d’El Carmen et trouver un Western Union dans la grande ville sur le chemin. Le premier Western Union, hors de la ville, peut nous donner l’équivalent de 300CHF, soit trois grosses liasses de 100 billets de 1000 pesos. On peut donc éviter le centre ville et passer par les banlieues huppées. On se croirait au Tessin, la végétation est luxuriante, les piscines à déversement pullulent devant les villas modernes en cubes de béton ou de style provençal.

Après une nuit dans l’énorme camping ou plutôt parc à grillade d’El Carmen, on attaque les deux petits cols qui vont nous amener à Salta. La route est sinueuse, en pente douce, dans la forêt et sans circulation. On prend beaucoup de plaisir, malgré une crevaison. Un groupe de touriste en mountain bike grimpe aussi le col. L’esprit de compétition revient, mais il n’y a pas de miracle, on arrive juste à ne pas se laisser trop distancer. De l’autre côté des cols, un camping avec une brasserie artisanale nous attend. On commence à devenir exigeants, on est déçu qu’il n’y ait pas d’herbe verte mais la bière compense cette déception.

On arrive avec un jour d’avance sur notre réservation Airbnb. On arrive tôt en ville et on en profite pour faire notre premier vrai restaurant en Argentine. Comme souvent quand on arrive en ville, on boit trop de café et on mange trop de pâtisseries.

On a beaucoup de chose à faire à Salta. Visiter la ville, manger une grillade, faire un tour en téléphérique, trouver une salle de jeux, faire faire la lessive, acheter des habits aux filles, jouer à la chasse au trésor Western Union, nettoyer ou faire le service des affaires de camping, faire changer un plateau du tandem. Pour compliquer tout ça, il y a deux jours fériés et un weekend sur nos jours de pause.

Avoir un appartement plutôt qu’un hôtel est très agréable. Les filles ont de la place et on peut cuisiner ce qu’on veut quand on veut.

Au quatrième jour de pause papa est content de partager sa tarte au citron avec les filles et maman ne termine pas sa forêt noire… Même si les tranches sont particulièrement grandes, c’est un signe, il faut reprendre la route.

On part en direction de Cafayate et ses vignobles.

Album photo