Et si on tentait un voyage un peu plus engagé? C’est parti pour le Kirghizistan connu aussi comme la “Suisse” de l’Asie Centrale.
Des grands lacs, des hautes montagnes, pas d’accès à la mer et une certaine propreté, voilà ce qui peut rappeler la Suisse. Mais le dépaysement est tout de même garanti. Les vallées sont larges et très longues et seulement habitées en été par des paysans dans leurs yourtes. Les sommets culminent à plus de 6000m, nous allons d’ailleurs passer des cols à près de 4000m.
Notre voyage commence par la montée au lac Issyk-Kul, un grand lac au Nord-Est du pays. Nous trouvons une plage de sable idyllique pour planter notre notre nouvelle tente avec son abside qui est une sorte d’annexe pour nos bagages. La soirée idyllique vire rapidement quand un orage accompagné de vents violents arrive. Les sardines, ça ne tient pas bien dans le sable et une abside ça a une grande prise au vent! Le shooting photo est interrompu et on est pas trop de deux pour tenir la tente au sol.
Après cette mise en bouche, nous commençons les choses sérieuses avec le Tasor Pass. Il nous faudra un jour et demi pour arriver à ses 3800m. Nous profitons de la longue descente jusqu’à Naryn où nous faisons un jour de repos et la recharge des vivres.
De là, nous faisons le tour du massif d’At-Bachy. Pour ce tour, il nous faut un laisser passer car nous frôlerons la frontière chinoise. Nous ferons plusieurs jours loin de tout. Une fin d’après-midi, nous voyons un drapeau suisse au loin! Ca tombe bien, nous n’avons plus d’eau. Ce village d’altitude attend la visite de chercheurs suisses qui viennent étudier l’effet de l’altitude sur cette population. Un docteur kirghize est là pour la traduction. Nous sommes conviés à aller chasser le souper, un mouton bien frais et bien gras. Évidemment, tout est bon dans le mouton! Nous sommes invités à manger les “meilleures” parties…
Nous longeons la frontière chinoise sur plusieurs kilomètres, jusqu’à un poste de frontière. Les douaniers nous font comprendre dans un mélange de langues que nous ne pouvons pas camper si proche de la frontière. Nous évitons l’amende en faisant les idiots qui ne comprennent rien et surtout pas l’allemand “Strafe”.
La montée au lac Song-Kul par le col Moldo-Ashuu est encore une belle étape.
Nous entamons déjà le retour vers Bishkek, deux cols nous attendent, le col Karakol à 3400m, puis le col Kegeti à 3850m, probablement le plus exigeant. Nous devons pousser les vélos dans une “route” aménagée dans un pierrer pendant plus d’une heure. Nous y croisons un couple d’allemand qui y a planté son pick-up de location. Ils ont du avoir une belle aventure à raconter à leur retour au pays.
Nous retiendrons du Kirghizstan les bons pains ronds et aplatis, le respect des gens, les yourtes perdues dans l’immensité du paysage et les nombreux troupeaux. A noter que c’est la seule fois de tous nos voyages où nous avons vu des chevaux attachés devant les supérettes. Le cheval reste le moyen de transport le plus utilisé au Kirghistan. On a notamment rencontré de très jeunes enfants seuls sur leur cheval.
