Il arrête de pleuvoir et de neiger pendant la nuit. Au matin, il fait beau soleil, les sommets et les collines que l’on doit passer sont bien blancs. On mange des tartines jusqu’à ce que la cheffe du déjeuner nous dise que l’on mange beaucoup… On avait pourtant demandé à Charline de lui faire un dessin la veille pour l’amadouer. Et c’est parti sur la route internationale en terre battue qui va nous mener au Chili. On commence par une grosse montée qui nous prend la matinée. Durant toute la journée, il souffle. On arrive à se réchauffer que le soir sous la tente avec un thé.
On repart en direction de la frontière d’Hua Hum perdue dans la forêt. Petit poste du côté argentin, grande infrastructure en bois du côté chilien. Route boueuse en Argentine argentine, route goudronnée au Chili. Grandes formalités aussi pour entrer au Chili, on doit déclarer nos vélos et on se fait fouiller les sacoches. Papa apprend que son vélo est de couleur café doré. Nos tomates et notre pot de miel ne peuvent pas continuer avec nous. Quelques kilomètres plus loin nous arrivons au port du ferry qui va nous faire traverser un grand lac. On avait pensé que, comme partout, il y aurait des bureaux ou kiosques de change à la frontière. Et bien, non.. Il est probable que personne ne veut des pesos argentins qui perdent de la valeur chaque semaine. Il n’y a pas non plus de bancomat. Heureusement, un restaurant accepte quand même nos pesos, on peut se mettre à l’abri de la pluie qui s’intensifie. De l’autre côté du lac, après 1h30 de bâteau, il pleut à ficelles. Un hôtel nous accepte pour les 50 dollars US qu’il nous reste. Pas de café et pas de pâtisserie, il pleut trop pour sortir et on n’a pas un rond.
Après le déluge de la nuit, la journée s’annonce meilleure pour entrer sur le circuit des septs lacs (à ne pas confondre avec la route des sept lacs côté argentin). On trace 60km jusqu’à Panguipulli pour atteindre un bancomat et un hôtel en prévision du mauvais temps. Cette première route chilienne est agréable, il y a pas trop de circulation et un espace pour nous sur le côté. En revanche, les pentes sont raides. 40CHF la nuit et 32CHF le souper, le budget d’une journée au Chili nous aurait permis vivre plus d’une semaine en Bolivie.
La matinée devrait être relativement sèche, l’après-midi plus humide. On fait une “petite” étape de 34km jusqu’à Lican Ray, une petite ville touristique. La météo ne donne toujours pas envie de camper. La bonne nouvelle, c’est que les filles peuvent jouer dehors à midi et entre les averses de l’après-midi et ne font pas de cirque au moment d’aller au lit.
Petit contrôle de la météo avant de partir: humide le matin, très humide l’après-midi. On décide de faire quand même les 25km qui nous séparent de Villarica. Les 10 derniers kilomètres se font sous la pluie. Les filles sont remisées dans la charette, même si Margaux veut rester sur le tandem malgré la pluie qui lui arrive dans le visage… Mais arrivé en ville ce n’est pas fini, on doit trouver un hôtel. Les hébergements économiques sont complets ou n’ont pas de place pour nos vélos. On tourne 45 minutes de plus sous la pluie pour trouver notre bonheur. On transforme notre bungalow en séchoir géant.
On reste trois nuits à Villarica. La météo n’est toujours pas bonne. Il pleut en continu. En revanche, c’est une excellente météo pour aller dans des bains thermaux. On s’organise à la dernière minute, mais une agence nous répond à 20h30. Les bains sont magnifiques, 20 piscines sont aménagées le long d’une passerelle de 400m de long dans une gorge naturelle sur le flan d’un volcan. On aura quand même droit a la pluie, la neige et la grêle.
Pour la suite, on devrait encore avoir quelques jours humides, puis du beau. On va rester dans cette région et slalomer au pied des volcans pour espérer enfin voir leur sommet.
