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Cafayate – San Miguel de Tucuman

On prend la route 40, réputée pour les voyageurs en van, moto et vélo car elle traverse l’Argentine du nord au sud. Sur cette portion, elle se superpose à la route des vins. Nous traversons de magnifiques vignobles en quittant Cafayate. Malheureusement, Andy ne boit pas de vin, on ne cède donc pas aux tentations des dégustations. Depuis quelques jours, on rumine l’idée de rejoindre le sud du pays. Il paraît que la région des lacs est magnifique et il devrait y faire moins chaud. On se décide dans la matinée. On va bifurquer vers la prochaine grande ville et trouver un moyen de rejoindre le sud. Ça veut aussi dire que l’on va quitter Andy. Cependant, ça tombe bien, on a croisé une cycliste italienne et il va poursuivre avec elle.

Andy était un super compagnon de route. On s’est tout de suite bien entendu. C’est sûrement car nous partageons une même addiction pour le sucre (même si la sienne semble à un stade plus avancé). Pendant une petite semaine, il nous a corrigé notre anglais, a joué avec les filles, nous a aidé pour la cuisine, nous a partagé ses tortillas, son dulce de leche, son chocolat chaud, sa raquette électrique tue moustique et sa précieuse sauce aigre douce au chili, mais il nous a surtout partagé ses grandes expériences des voyages en vélo.

Pour rejoindre San Miguel de Tucuman, nous devons passer un col à 3100m. Nous attaquons la montée en espérant secrètemement passer le col dans la journée. Après un arrêt pique-nique à côté du cardon abuelo, le grand-père cactus, nous avons encore un peu d’espoir, le vent nous pousse. Après la pause café, quelques petits kilomètres après, nous nous résignons. Le vent a tourné et souffle nos espoirs. Nous irons camper à côté de la chapelle San Antonio avec 22km au compteur. La chapelle offre un abri contre le vent pour dessiner, cuisiner et souper. Les filles trouvent une nouvelle occupation, nettoyer la vieille cire des bougeoirs. Grâce au frais, tout le monde dort super bien. Papa doit juste se réveiller une fois pour voir ce qui broute autours de la tente. Trois ânes le regardent entonnés.

Le lendemain nous faisons les derniers kilomètres poussés par le vent. Arrivés au col, il y a la brume et la bruine, elles nous accompagnent dans les premiers 1000 mètres de descente jusqu’à Tafi. On y arrive frigorifiés. Sur ce versant humide, on change de climat. À la place des cactus, il y a des forêts et des pâturages.

On continue les 2000m de descente restants. Mais on doit rester concentrés, la route est glissante à cause de la brume et étroite. Un âne fraîchement percuté vient nous le rappeler durement. Les 50 km de descente nous prennent la matinée, reste encore 40km de plat jusqu’au camping! On fait une de nos plus longue journée. A 15km de l’arrivée, panne sèche, on s’arrête dans une station service, un paquet de cookies, une plaque de chocolat et on repart. C’est plus économique qu’un plein d’essence.

La dernière journée au nord est compliquée. On se réveille sous la bruine, la tente est trempée. On prend le départ sur une route étroite avec beaucoup de trafic. On s’échappe sur une route de campagne en terre avec d’énormes flaques de boue. On traverse des quartiers peu recommandables. On souffle à une station service où le propriétaire nous rappelle que la ville est dangeureuse, mais il offre des boissons et des pâtisseries aux filles. On lave les vélos. On part à la recherche d’une compagnie de livraison pour envoyer nos vélos. On cherche un hôtel qui n’existe plus. On trouve un hôtel trop cher pour sa qualité. On organise la suite du voyage pendant que les filles démontent la chambre d’hôtel. On va chercher de l’argent au western union. On va réserver un bus et on réserve un billet d’avion sur internet. Tout le monde est crevé.

Billets d’avion? Notre idée de départ était de descendre au sud en bus, mais on avait sous-estimé la distance. Une fois tout comparé: trois bus de nuit avec deux petites filles ou la location d’une voiture ou un bus de nuit et un vol, c’est malheureux pour notre bilan carbone, mais c’est à nouveau l’avion qui gagne. Papa sera bien embêté pour parler d’écologie à notre retour…

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