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Abancay – Limatambo

Au menu, le premier des deux cols qui va nous amener dans la vallée sacrée.

Avant le départ, papa est envoyé chercher du pique-nique. Il revient avec du pain, des chips de patates douces, une boîte de pâte à tartiner végétale et de la pâte à tartiner aux poivrons… Il s’avérera que c’était du boudin en boîte et de la sauce au piment! Il mangera tout seul du boudin au piment, les filles mangeront des tartines au pain.

Avec nos globules rouges aux limites acceptées par l’UCI, nous attaquons le premier col. Malgré tout, au 2/3 de la montée, nous nous arrêtons dormir sur le terrain de foot du seul village et le seul plat de l’ascension.

Le lendemain, on termine la montée au col. On fête ça avec un biscuit devant une chapelle. Sur la descente, on visite notre premier site inca. Encore plus bas, on s’arrête dormir dans une école / bed and breakfast / camping tenu par un couple belgio-péruvien. La vue y est magnifique. On décide d’y rester un jour de plus pour faire une marche jusqu’aux points de vue sur le canyon de l’Apurimac.

Claire va acheter au marché des petits pains pour le pique-nique. “Au fromage” dit la dame. “Ah des pains fourrés au fromage? Encore mieux, j’en prends 6!… 30 soles? Un peu cher pour du pain… Bon on sait que le fromage est cher c’est donc sûrement normal…et ça a l’air un peu lourd” pense Claire. Arrivé au sommet de la montagne, on a faim. Charline croque à pleines dents dans son pain et fait une grimace. On se retrouve avec quatre biscuits, des pruneaux secs et six fromages ultras salés pour le diner….

Heureusement, la marche, la vue et une rencontre avec le condor rattrapent le pique-nique râté.

Pour la suite, notre point de départ Acuhasi et notre point d’arrivée Limatambo sont à la même altitude, mais nous devons descendre à la rivière 500m plus bas entre deux. Selon nos restes de physique, si on prend bien l’élan, on devrait remonter de l’autre côté sans pédaler!? C’est loupé, sûrement à cause d’une crevaison qui a coupé notre élan. Non seulement on doit pédaler, mais en plus les mouches arrivent à nous suivre et nous piquer.

Nous croisons nos premiers collègues cyclistes. Le plus courageux: un péruvien qui nous a rattrapé avec un vieux vtt customisé avec un porte-bagage et un panier à l’avant. Puis Rolf nous rattrape dans la descente dans le canyon. C’est un retraité suisse qui arrive de Seattle! On fera la montée vers Limatambo et la soirée avec lui.

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Chalhuanca – Abancay: l’échappée descend le Rio Lambrama

On continue à se laisser glisser le long du Rio Lambrama. Enfin, le matin ça glisse. Dès 10h30, le vent de vallée se lève et il faut quand-même appuyer sur les pédales. On s’arrête dans une aire “écotouristique” et on campe sur le terrain de volley. Nous sommes littéralement entourés de coqs, attachés à tous les coins du terrain… Nous savons comment nous serons réveillés. Au restaurant, nous pouvons enfin commander un cochon d’Inde (cuy) pour Charline. Il est entier, ouvert en deux. Pas sûr qu’on en recommandera, c’est deux fois plus cher que la truite et la peau bien plus caoutchouqueuse.

Encore une grosse journée pour rejoindre Abancay: 30km de descente et 15 de montée avec beaucoup de traffic. Ce qu’on sait pas encore, c’est qu’à chaque pause, on se fait dévorer par des mouches de sable. On va subir les démangeaisons plein les jambes les prochains jours. Margaux trouve que c’est le moment de faire une longue crise car elle veut mettre ses gants par 25°.

Claire voit des petites taches roses sur le ventre et le dos de Margaux, elle a probablement eu la roséole et pas le mal des montagnes ces jours passés.

Les rentrées en ville, c’est jamais très agréable, le traffic, la poussière, les déchets, le bruit. Comme ici c’est en pente, on peut en profiter plus longtemps… On passe tous les stades de la rentrée en ville, stands de nettoyage de véhicules, garages de camions, commerces de construction, garages de voitures, magasin de batteries et de tuning et enfin le centre ville et les hôtels.

On tombe sur un joli hôtel avec petit déjeuner, on décide d’y rester trois nuits pour que tout le monde puisse se reposer et profiter de faire autre chose que du vélo. Ça tombe bien, on trouve un salón de juego pas loin. Les filles s’y défoulent deux heures chaque jour pendant qu’on se relaie pour faire les courses ou qu’on planifie la suite du voyage: rejoindre la vallée sacrée en commençant par 35km et 1500m de dénivelé pour atteindre le premier col.

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Puquio – Chalhuanca: on remonte dans la pampa

Nous devons monter sur un haut plateau de pampa et naviguerons entre 4100 et 4500m. Au départ de Puquio, le vent de face nous annonce la couleur pour les prochains jours. Il ne nous quittera que le dernier jour.

Charline trouve un plumeau de roseau avec lequel elle nettoie la route. Margaux est tombée en amour de deux savons piqués à l’hôtel, elle ne les lachera plus, jusqu’à l’hôtel suivant. Avec son plumeau Charline salue les camions de poules, ça nous change des camions d’essence.

Nous commençons par un premier bivouac sur d’anciens emplacements de baraquements. Puis nous arrivons aux lacs. Ici, dilemme, doit-on privilégier un campement dans une petite vallée à l’abri ou un campement bucolique face à un lac mais au vent? C’est le lac qui est choisi, ce qui nous offre des belles photos et un quatre heures sur les rives. Mais au matin… on se croirait à la Brévine en hiver. Ça sera notre première nuit par températures négatives sous la tente.

Ces lacs sont riches en truites, ce qui nous offre de délicieux diners. Les restaurants sont idéalement placés pour qu’on les atteigne à 10h30.

On continue avec deux bivouacs dans des vallées à alpagas (domestiques). On en croise d’immenses troupeaux. On croise aussi leurs cousines les vigognes (sauvages) et de drôles de lapins-écureuils appelés viscache. Cependant, aucun animal ne vient nous déranger, même lorsque l’on campe non loin d’un cimetière de pattes d’alpagas.

Margaux est un peu patraque, on ne sait pas si c’est l’altitude, le soleil ou autre chose. Pour notre dernière étape d’altitude, le vent tombe. Après les derniers kilomètres à monter et descendre la pampa, la descente est spectaculaire, nous nous laissons glisser 40km. Nous sommes heureux de trouver un hôtel avec de l’eau chaude après ces quatre bivouacs. Tout le monde en a bien besoin. Seul bémol, le restaurant de truite repéré dans l’après-midi se transforme en restaurant de poulet le soir venu. Quelle déception. Moins de déception pour Charline qui goute son premier gosier bien cuit dans la soupe. Il faut dire qu’elle est assez ouverte à la dégustation de viandes. Les chicharons d’alpagas ne vous dirons pas le contraire.

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Nazca – Puquio

Nous partons de 500m pour atteindre 4200m sur une centaine de km. Tout ce versant de montagne est désertique, il fait chaud et les rivières sont à sec. Nous avons quand même de beaux bivouacs avec de magnifiques couchés de soleil.

On nous a averti que sur la première partie, une quarantaine de km, il n’y a pas de ravitaillement. Alors nous dévalisons la première gargote après notre premier bivouac: boissons énergétiques, sodas, thés, biscuits et recharge des vaches à eau pour le prochain bivouac.

Lorsque l’on atteint les 3500m, la température se rafraîchit et on arrive sur une Pampa protégée par un parc national. On y voit nos premières vigognes. On profite de dormir dans les dortoirs du parc pour repousser notre première nuit en dessous de 0° sous tente. On visite le musée, une collection d’animaux empaillés plus ou moins réussis et plus ou moins mités. On imaginait pas que toute cette faune vivait dans cette prairie, ni que c’était peut être un puma qui avait mangé notre poubelle et fait tomber le vélo lors de la nuit précédente. Charline et Margaux jouent tout l’après-midi avec Michaela la fille de la guide du musée. Elle pleurera à chaudes larmes au moment des adieux, trop triste que Charline ne reste pas jouer plus longtemps.

Une petite matinée nous amène au col à 4200m et la descente sur l’autre versant nous en met plein la vue. On se réjouit de voir des paysages différents, plus de verdure et de l’eau dans les rivières.

Encore une petite journée et nous arrivons à Puquio qui est en fête. Les communautés locales défilent autour de la place centrale. C’est l’occasion de voir les costumes traditionnels et de déguster du fromage local.

On va y rester deux nuits, pour se recharger, faire une lessive et nettoyer les vélos.

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Paracas – Nazca

Enfin en selle! Nous commençons par une étape de 70km sur l’autoroute Panaméricaine pour rejoindre l’oasis de Huacachina et ses dunes. Le trafic est dense, mais la bande d’arrêt d’urgence confortable. Nous faisons une journée de pause à Huacachina pour avoir le temps d’escalader les dunes et de jouer au sable.

Pendant ce temps, les nombreux autres touristes font un tour en Buggy, du ski ou du parapente.

La suite du trajet passe par 90km de désert, nous décidons de prendre le bus pour s’éviter un bivouac incertain et une journée pénible. Et puis c’est toujours sympa de démonter le tandem quand les passagers et le chauffeur attendent.

Arrivés en bus à Palpa, nous rejoignons Nazca en vélo en s’arrêtant voir les nombreux géoglyphes disséminés dans le désert.

A Nazca, on se charge en eau et en nourriture, les choses sérieuses vont commencer.