Nous enchaînons la journée la plus courte du voyage (2km pour traverser la frontière) et la plus longue. Nous faisons 73km de … buissons, herbes piquantes et sable, mais cette fois-ci en Argentine et en légère descente et avec du vents de dos. Ça change tout! En fin de journée le vent souffle de plus en plus fort et de moins en moins de dos. Ça nous donne encore moins envie de nous arrêter camper avant Abra Pampa et son auberge. Nous devons encore nous habituer aux liasses de billets argentins et à leur valeur. Apparemment, nous payons trop cher le déjeuner car l’employée s’excuse trois fois en nous faisant payer et nous dit qu’elle n’est pas responsable…
Nous remarquons les premiers petits changements en Argentine qui nous facilitent la vie:
- il y a plus de places de jeux et elles sont en meilleur état
- il y a des places de pique-nique
- Il y a des vrais campings avec de l’herbe verte
- les magasins ont des produits variés
- il y a plus de cafeterias avec des vrais cafés et des pâtisseries
Le deuxième jour, nous remontons un petit col vent dans le dos avant de redescendre la vallée du Rio Grande de Jujuy et la Quebrada Humahuaca, une région réputée pour les montagnes colorées et le vent. A midi, nous croisons Nicolas un cycliste saxophoniste argentin qui nous offre un concert sur une place de jeux. En chemin, la chaîne de Claire se coince méchamment entre les plateaux, il faut desserrer les plateaux pour la décoincer. On s’arrête camper à côté du Rio sous la route ce qui nous abrite un peu des rafales de terre.
En route vers Humahuaca, un van français nous dépasse, nous le retrouvons au camping. Florian, Valérie et leurs deux filles nous prennent avec eux voir les montagnes aux 14 couleurs. Ce premier camping argentin met la barre haute : pelouse verte et plate, douche chaude, il y a juste l’emplacement de pique-nique qui est trop au vent.
Nous partons pour Tilcara, toujours en descendant la vallée. Comme dans la vallée du Rhône, le vent se lève vers 12h. Vers 11h nous prenons le café et une tranche de cake sous le tropique du Capricorne. Les argentins n’ont pas le même concept de tranche. Pour eux, une tranche est un quart du cake… ça nous permet de retarder le dîner et de rouler un maximum avant le vent. Nous faisons notre deuxième camping à Tilcara et prenons l’apéro avec Sonja une cycliste allemande que nous croisons pour la deuxième fois.
Notre pile de pesos commence à diminuer. Le meilleur taux de change est celui de western Union qui suit le taux de change “de la rue”. Il y a tellement d’inflation que les devises refuges (dollars, euro, francs suisses) prennent beaucoup de valeur. Pour un franc suisse on a deux fois plus de pesos chez western Union que dans une banque. Mais faut il encore:
- trouver l’office, l’application indique très grossièrement le lieu,
- celui-ci doit être ouvert
- sa machine doit fonctionner
- il doit avoir assez de cash.
Pour le moment c’est un fiasco… On change nos dollars de réserve.
Petite étape vers la montagne aux septs couleurs de Purmamarca. Le paysage est magnifique avec le fond de vallée vert et les montagnes colorées sur le côté. Cependant, le trafic sur une route trop étroite, sans bas-côté et le vent de face qui se lève tôt nous gâchent le plaisir.
On continue la descente jusqu’à Yala, 1100m, ça fait quelques mois que nous n’étions pas descendus si bas. Les collines se recouvrent d’arbres. Nous voyons les premières vignes. Il y a des fleurs. Nous sommes aux portes de la forêt tropicale. Le camping est traversé par un petit ruisseau. Les filles ont de la boue jusque derrière les oreilles, littéralement. Des dizaines de perroquets verts et rouges mangent des petits fruits au-dessus de notre tête. On peut rester devant la tente jusqu’au coucher du soleil. Ça change de la pampa et de l’altiplano! Adieu les lamas!
