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Salinas – Uyuni

Il y a 35 kilomètres de mauvaise route entre Salinas et Jirira, l’entrée du Salar. On décide de ne pas s’embêter et de prendre un taxi. On charge les vélos sur le toit et c’est parti. Effectivement, la route est un mix de sable, tôle ondulée, Salar bien roulant, une montée raide de route de montagne de chez nous et une descente dans des graviers : ça aurait été jouable, mais pas une partie de plaisir. A la place, on fait une journée de pause dans le hameau de Jirira depeuplé. Son hôtel, aux standards boliviens pour les européens, attend les touristes en 4×4 et les cyclistes tannés. On prend une chambre classe éco et nous nous offrons le souper et le déjeuner. 15 allemands mangent en même temps que nous et ils ne finissent pas leur assiette alors que plein de cyclistes affamés parcourent le monde.

Départ de bonne heure, on veut avancer un maximum pour ne passer qu’un jour et demi sur le Salar. Le vent souffle fort mais il tourne rapidement dans notre dos. On pique-nique sur un pneu au bord de la piste à l’ombre de notre bâche. Le Salar ça roule super bien, c’est plat et quasiment lisse. Il suffit de choisir la bonne piste et rouler. Pour camper, c’est aussi simple, quand on en a assez on s’arrête. C’est une autre histoire pour planter les sardines. Pour saler les pâtes, il n’y a pas besoin de chercher très loin non plus.

Pendant la nuit, le matelas de Claire se perce, hors des pistes il y a plein de petits cristaux piquants, et Papa commence à tomber malade. Heureusement qu’Uyuni n’est pas très loin et le vent dans le dos. Il n’a pas beaucoup d’énergie et trop de fierté pour laisser Claire tirer la charrette. On arrive à Uyuni en début d’après-midi pour y faire quelques jours de pause et profiter des infrastructures destinées aux touristes: cafés, pizzerias, pâtisseries, pubs… et de la place de jeux.

Le premier jour de pause Charline et Papa vont se couper les cheveux, puis papa démissionne pendant que Maman s’occupe de tout: lessive, place de jeux, faire remplacer la fermeture éclair de la charette et la nettoyer, trouver le trou dans son matelas.

Le deuxième jour papa reprend du service et nous allons visiter le cimetière de train. Nous arrivons avant la ruée des touristes en 4×4 qui arrivent tous à la même heure, restent 15 minutes et repartent vers le Salar.

Pour la suite, nous allons prendre le bus pour aller jusqu’à Tupiza et se rapprocher de la frontière avec l’Argentine. Nous ne sommes pas sûr d’y trouver de l’eau tout au long du chemin. Nous jouons donc la sécurité.

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Sajama – Salinas de Garci Mendoza

On récupère nos vélos et on entame les 450km qui nous séparent d’Uyuni. Ça roule bien, mais c’est pas très intéressant. En plus, la campagne est sableuse et pleine de buissons et de touffes d’herbes piquantes. On ne trouve qu’une place de bivouac sableuse et venteuse. Papa et le matériel de camping n’aiment pas ça.

Ça ne manque pas, le lendemain deux kilomètres plus loin on passe à côté d’une belle place en herbe avec une rivière… Dans la matinée, on s’arrête grimper dans les rochers d’un champ de lave.

Troisième jour d’herbes sèches, de buissons et de sable, mais ça se repeuple. On dine et les filles font une loterie de jouets dans un restaurant au bord de la route. On prend le dessert dans une autre petite ville et on s’arrête dormir dans une auberge. Ou plutôt on campe dans une cabane derrière un magasin. En effet, on préfère dormir dans nos sacs que dans les draps, mais au moins on peut se laver à un robinet, cuisiner et manger à une table. Cette auberge est réputée parmis les cyclistes pour ses pains au feu de bois. Malheureusement, nous sommes un jour trop tôt, le propriétaire prépare la pâte quand nous partons…

Au quatrième jour de buissons, on commence en avoir un peu marre. En plus, on a mal géré notre réserve de pains et de biscottes en espérant en trouver dans les villages. Le pique-nique est un peu frugal. On fait donc un bivouac un peu plus tôt que d’habitude dans un grand pré à lamas proche d’une dune de sable pour y jouer.

Cinquième jour de buissons et de sable, on recroise des épiceries dans les villages, on refait nos réserves suite au jour de disette. On fait une longue journée pour dormir dans l’auberge du petit village d’Orinoca, village natal du président Evo Morales. On doit avoir l’air fatigué, car un monsieur va nous acheter 2 litres de Coca. Comme d’habitude, Claire prend une décharge sous la douche, alors que l’eau chaude ne fonctionne même pas. Il n’y a pas de restaurant, mais une dame prépare un délicieux émincé de lama au bord de la route. Elle a de bons clients car on prend 3 assiettes chacun.

Au sixième jour de buissons et de sable, il y a des distractions: des dunes pour jouer, des nandous (cousins de l’Autruche) à essayer de repérer et Margaux qui se coince le pied dans le pédalier du Pino. Heureusement, que papa voit des vraies autruches au loin sinon on aurait continué à s’arrêter pour regarder des sacs plastiques accrochés à des poteaux. En traquant les nandous, Maman et Charline croisent aussi un serpent. On s’arrête dans une petite ville pour pique-niquer. En voyant les grillades de lama, Charline ne veut plus manger les sandwichs prévus. Au camping, une mini tornade passe droit sur la tente, en une fraction de seconde tout se retrouve plein d’herbes, et les vélos sont couchés. Mais rien de cassé. On a de la chance, c’était une petite tornade, mais les après-midis on en voit aussi des bien plus grandes dans les plaines.Sur un demi coup de tête, nous avons changé d’itinéraire. On décide de nous diriger au nord du Salar et donc de le traverser plutôt que d’aller à Uyuni et faire une excursion sur le Salar.

Septième jour de buissons, il n’y a plus de touffes d’herbes ni de lama. Le moral est comme la route, il y a des hauts et des bas. On se réjouit du Salar et des jours de pause à venir, mais la fatigue et l’ennui ne sont pas loin. On s’arrête pique-niquer à côté d’un cratère. Cette fois-ci, Charline ne peut pas échapper aux sandwichs. En fin de journée, on roule à quelques kilomètres du Salar. Tout ces derniers jours, on a eu de la chance avec le vent qui ne soufle pas trop fort. Pourvu que ça dure sur le Salar. On trouve une jolie place de bivouac entre des rochers volcaniques.

Huitième jour, buissons à droite, Salar à gauche, 20 petits kilomètres nous amènent dans la petite et sympathique ville de Salinas, capitale du quinoa. Le camion ambulant de fruits et légumes nous y attend et nous le dévalisons. Des deux hôtels, nous choisissons sans faire exprès celui sans internet, ça prolongera notre désintoxication. Pour faire nos emplettes, on se croirait dans l’administration des 12 travaux d’Asterix. Pour acheter du quinoa, des pâtes, du pain, du fromage et des flocons d’avoine nous devons visiter les 8 tiendas de la ville.

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La Paz – Patacamaya

Après ces vacances, nous sommes impatients de remonter en selle. Nous faisons un départ tardif car nous devons d’abord aller rechercher l’appareil photo de la révision (toujours pas de miracle), puis passer à la poste où la vanne du matelas n’est pas arrivée. On fait donc une petite étape jusqu’à Viacha où nous reprenons nos essais des toboggans les plus effrayants d’Amérique du sud.

On continue la douce montée vers Corocoro et nous campons un peu après Comanche et sa gare désaffectée. Margaux nous réserve une crise qui réveille les chiens des fermes voisines. Les fermiers balayent la campagne avec des lampes pour voir ce qui se passe. On peut faire mieux au niveau de la discrétion.

On rejoint la ville minière de Corocoro en fin de matinée et nous quittons la route goudronnée pour une soixantaine de km. On ne sait pas exactement ce qui nous attend car les seules informations que nous avons trouvées sur cette route datent de 10 ans. En théorie, selon la carte, ça doit être une “grande” route.

Effectivement, depuis le passage de nos prédécesseurs, une route non goudronnée a été construite et les enfants ne jettent plus de pierres sur les cyclistes. A moins qu’ils ne soient à l’école pendant notre passage.

Une grosse journée de piste avec un petit col nous amène à Patacamaya. Nous y faisons deux nuits, le temps de changer la deuxième fermeture éclair de la charette et faire une lessive. Apparemment, le seul intérêt de la ville est le charkequekan, de l’effiloché de lama sur un lit de maïs cuit à l’eau accompagné d’un œuf cuit dur et d’un bout de fromage.

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