Dans le bus pour Tupiza, pour une fois ce n’est pas Margaux qui fait le spectacle, elle fait une grosse sieste. Pendant ce temps, durant une heure un monsieur fait la promotion d’une pomade à l’huile de pin et d’eucalyptus qui soigne absolument tout, de la grippe au rhumatismes…mais quand nous croyons que c’est fini il recommence pendant une autre heure pour vendre du sel de mer du Pérou bon pour les vers solitaires et pour nettoyer le colon… au moins il nous aura distrait une bonne partie du trajet.
Papa n’est pas très motivé à enchaîner avec une excursion à Tupiza. Maman décide donc de voir si elle sait encore courir. Elle fait le tour touristique avant l’arrivée des touristes avec leur guide. Elle adore. Pour atteindre la vallée de Los Machos il aura juste fallu affronter deux meutes de chiens errants. Heureusement qu’elle n’a pas peur…Elle se retrouve ensuite seule avec le bruit des oiseaux qui résonne dans le canyon et le soleil du matin qui éclaire les roches rouges. Pendant ce temps, papa amène son ventre gargouillant et les filles au parc de jeux et au toboggan géant.
Et on repart vers l’Argentine. Papa n’est ni vraiment guéri ni vraiment reposé mais on ne veut pas trainer indéfiniment dans les hôtels. On attaque la montée vers Villazon en short et t-shirt, ce n’est plus l’altiplano! On s’arrête camper au bord du terrain de foot au milieu d’un village au milieu de la montée. Soit les boliviens sont très respectueux soit pas curieux, malgré notre emplacement personne ne vient vers nous. Dans d’autres pays ça n’aurait tout simplement pas été possible! Seul un jeune en moto ose nous crier “buenas noches” quand nous sommes tous dans la tente.
Le lendemain, pas d’échauffement, on continue la montée bien raide jusque sur le plateau et on tire jusqu’à Villazon, la ville frontalière. Une auberge et ses gâteaux maison nous y attendent pour notre dernière nuit en Bolivie. Nous y avons le meilleur accueil et le meilleur café de toute la Bolivie.
Nous passons la frontière au guichet du fonctionnaire de douane le plus lent du monde. Entre chaque passeport, il boit une gorgée de maté, une gorgée d’eau, pianote sur son natel, remet sa veste en place… Puis nous nous faisons contrôler les sacoches jusqu’à ce que le douanier ouvre la casserole. L’odeur lui passe l’envie de continuer son contrôle. Arrivés de l’autre côté, nous profitons de la place de jeux aux standards plus proches des notres. On se réjouit de découvrir ce nouveau pays!
