On récupère nos vélos et on entame les 450km qui nous séparent d’Uyuni. Ça roule bien, mais c’est pas très intéressant. En plus, la campagne est sableuse et pleine de buissons et de touffes d’herbes piquantes. On ne trouve qu’une place de bivouac sableuse et venteuse. Papa et le matériel de camping n’aiment pas ça.
Ça ne manque pas, le lendemain deux kilomètres plus loin on passe à côté d’une belle place en herbe avec une rivière… Dans la matinée, on s’arrête grimper dans les rochers d’un champ de lave.
Troisième jour d’herbes sèches, de buissons et de sable, mais ça se repeuple. On dine et les filles font une loterie de jouets dans un restaurant au bord de la route. On prend le dessert dans une autre petite ville et on s’arrête dormir dans une auberge. Ou plutôt on campe dans une cabane derrière un magasin. En effet, on préfère dormir dans nos sacs que dans les draps, mais au moins on peut se laver à un robinet, cuisiner et manger à une table. Cette auberge est réputée parmis les cyclistes pour ses pains au feu de bois. Malheureusement, nous sommes un jour trop tôt, le propriétaire prépare la pâte quand nous partons…
Au quatrième jour de buissons, on commence en avoir un peu marre. En plus, on a mal géré notre réserve de pains et de biscottes en espérant en trouver dans les villages. Le pique-nique est un peu frugal. On fait donc un bivouac un peu plus tôt que d’habitude dans un grand pré à lamas proche d’une dune de sable pour y jouer.
Cinquième jour de buissons et de sable, on recroise des épiceries dans les villages, on refait nos réserves suite au jour de disette. On fait une longue journée pour dormir dans l’auberge du petit village d’Orinoca, village natal du président Evo Morales. On doit avoir l’air fatigué, car un monsieur va nous acheter 2 litres de Coca. Comme d’habitude, Claire prend une décharge sous la douche, alors que l’eau chaude ne fonctionne même pas. Il n’y a pas de restaurant, mais une dame prépare un délicieux émincé de lama au bord de la route. Elle a de bons clients car on prend 3 assiettes chacun.
Au sixième jour de buissons et de sable, il y a des distractions: des dunes pour jouer, des nandous (cousins de l’Autruche) à essayer de repérer et Margaux qui se coince le pied dans le pédalier du Pino. Heureusement, que papa voit des vraies autruches au loin sinon on aurait continué à s’arrêter pour regarder des sacs plastiques accrochés à des poteaux. En traquant les nandous, Maman et Charline croisent aussi un serpent. On s’arrête dans une petite ville pour pique-niquer. En voyant les grillades de lama, Charline ne veut plus manger les sandwichs prévus. Au camping, une mini tornade passe droit sur la tente, en une fraction de seconde tout se retrouve plein d’herbes, et les vélos sont couchés. Mais rien de cassé. On a de la chance, c’était une petite tornade, mais les après-midis on en voit aussi des bien plus grandes dans les plaines.Sur un demi coup de tête, nous avons changé d’itinéraire. On décide de nous diriger au nord du Salar et donc de le traverser plutôt que d’aller à Uyuni et faire une excursion sur le Salar.
Septième jour de buissons, il n’y a plus de touffes d’herbes ni de lama. Le moral est comme la route, il y a des hauts et des bas. On se réjouit du Salar et des jours de pause à venir, mais la fatigue et l’ennui ne sont pas loin. On s’arrête pique-niquer à côté d’un cratère. Cette fois-ci, Charline ne peut pas échapper aux sandwichs. En fin de journée, on roule à quelques kilomètres du Salar. Tout ces derniers jours, on a eu de la chance avec le vent qui ne soufle pas trop fort. Pourvu que ça dure sur le Salar. On trouve une jolie place de bivouac entre des rochers volcaniques.
Huitième jour, buissons à droite, Salar à gauche, 20 petits kilomètres nous amènent dans la petite et sympathique ville de Salinas, capitale du quinoa. Le camion ambulant de fruits et légumes nous y attend et nous le dévalisons. Des deux hôtels, nous choisissons sans faire exprès celui sans internet, ça prolongera notre désintoxication. Pour faire nos emplettes, on se croirait dans l’administration des 12 travaux d’Asterix. Pour acheter du quinoa, des pâtes, du pain, du fromage et des flocons d’avoine nous devons visiter les 8 tiendas de la ville.
